La police s’attaque aux sextos

Les “dick pics” et autres photos nues sont désormais chose commune dans certains cercles. Mais aviez-vous déjà pensé que si elles proviennent de mineurs, elles constituent de la pornographie juvénile?

Deux adultes qui s’envoient des messages texte osés accompagnés ou non de photos, c’est ce qu’on appelle des sextos. Un adolescent ou une adolescente qui envoie des photos osées, c’est de la pornographie juvénile. C’est simple comme ça. Et si les institutions ont tenté de l’expliquer aux jeunes depuis plusieurs années, c’est au tour de la police de prendre la relève.

Châteauguay dit que c’est assez

C’est la police de Châteauguay qui a lancé cette semaine l’opération “Les sextos, c’est de la porno“. Selon le service de police, le phénomène des sextos est banalisé chez les jeunes. Il prendrait aussi de l’ampleur.

Pour y remédier, environ 5000 personnes seront donc conscientisées d’ici la mi-février. On leur expliquera les conséquences de ces envois et on donnera des ressources pour les jeunes qui ont besoin d’aide.

Est-ce que je vous entends dire que c’est un peu puriste? Vive la jeunesse? Laissez-les vivre? Je vous comprends un peu. Mais ce n’est pas simple comme ça.

 

Des jeunes un peu moins vites sur leurs patins

Le problème n’est pas vraiment au niveau du partage de la photo en soi. Beaucoup de gens en couple depuis longtemps doivent se dire qu’une petite photo coquine par-ci par-là n’a jamais fait de mal à personne.

Le problème, c’est que les jeunes ne sont pas en couple depuis longtemps. Ils font aussi souvent confiance à n’importe qui.

Et même ceux qui ont le plus de difficulté à conjuguer un participe passé ont énormément de facilité à partager une photo avec tous leurs contacts. On a même déjà vu certains groupes s’échanger ce genre de photos comme si elles étaient des cartes de hockey.

À partir de ce partage, on tombe non seulement dans la frange abusive des relations de couple, mais aussi dans celle de la pornographie juvénile. Parce que c’est illégal de partager des photos osées de mineurs. Et il faut le rappeler à ces jeunes moins conséquents dans l’espoir de les rendre un peu plus conséquents pour la suite.

Des jeunes lésés

N’oublions pas non plus la pression sociale de ceux et celles qui verront leur photo partagée. Ils auront la honte de leur vie à l’école et peut-être même à la maison.

Et quand ce ne sera pas encore le cas, il est bien possible que le récipiendaire de la photo en question leur fasse du chantage pour obtenir autre chose. “Je te rends la photo si tu fais X“.

Mais on ne peut pas rendre une photo numérique. Tout le monde sait qu’on ne sait jamais si un document a été copié depuis l’invention de la photocopieuse.

Bref, ce jeune sera bien embêté. Et dans certains cas, la pression a été si forte que les jeunes victimes se sont enlevé la vie. Pensons notamment à Amanda Todd. On est donc bien loin de la petite photo coquine dans un contexte d’adulte. Et il ne faut pas l’oublier.

Des ressources

Profitons donc de cette initiative pour rappeler qu’il existe des organismes d’aide pour les jeunes qui sont victimes de ce genre de chantage. Celles-ci, par exemple :

  • AidezMoiSVP.ca (Aide les adolescents à bloquer la propagation de photographies et de vidéos à caractère sexuel et les accompagne si une telle situation survient);
  • Cyberaide.ca (Centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet;
  • Projetxox.ca (violence amoureuse);
  • Jeunessejecoute.ca 1-800-668-6868;
  • Ligne d’écoute agression sexuelle 1 888 933-9007

Et espérons que nos jeunes ne se laissent pas berner par des gens mal intentionnés d’ici à ce qu’ils soient mieux équipés pour les identifier. Une fois adultes, ils feront bien ce qu’ils veulent.

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