Passe-Partout 2.0

Passe-Partout a marqué la génération X de manière indélébile.  Est-ce que s’y replonger est une bonne idée?

Je suis de cette génération qui a aimé Passe-Partout beaucoup plus que je n’aurais dû. J’ai écouté tous les épisodes des premières saisons. Je rêvais de sandwiches au gazon et j’ai probablement pleuré quand Fardoche s’est fâché pour une enclume. Je trouvais que Mélodie était bien moins cool que Cannelle et Pruneau ressemblait à mon cousin.

Pour vous dire, j’ai même écouté à l’université des cassettes obscures de Passe-Partout avec mes amis qui connaissaient des pièces plus “underground“. Minou joueur de tour, est-ce que ça vous dit quelque chose? C’est bien ce que je pensais.

Besoin d’un reboot?

J’imagine que pour les producteurs, le petit public cible de la série est facile à acheter. Nous sommes vendus d’avance et maintenant, c’est nous qui avons des enfants. C’est bien pratique.

Mais comme Marie Eykel l’a dit à la Presse canadienne : «Ça me fait un peu penser à quand on a vécu un beau moment avec notre amoureux et qu’on veut reprendre ça quelques années plus tard. On va au même hôtel, on veut refaire les mêmes activités, les mêmes choses, en espérant revivre l’instant magique et ça ne se passe pas. J’ai peur que ça soit ça».

A-t-on vraiment besoin d’un nouveau Passe-Partout? Serons-nous capables de l’aimer davantage que la 3e génération qui nous avait fait totalement décrocher? Surtout avec une Cannelle et un Pruneau animés?

La magie des années 70

De toute évidence, il faudra que la qualité de la nouvelle série soit excellente pour gagner notre coeur.

Il faut dire que le succès du premier Passe-Partout n’est pas un hasard. Jacques L’Heureux, Marie Eykel et Claire Pimparé étaient parfaitement complémentaires. Et que dire de la musique de Pierre F. Brault qui partageait avec nous des styles musicaux qui auraient normalement été réservés aux adultes.

D’ailleurs, Robert Maltais et Mirielle Lachance m’avaient parlé de la production de Passe-Partout avec beaucoup d’admiration pendant un vernissage d’oeuvres inspirées de Passe-Partout à la Sala Rossa. Ils m’avaient alors expliqué que tous les participants ont dû passer des auditions, même les marionnettistes.

Quand Capitaine Montréal et moi leur avions mentionné le fait que toute l’équipe était talentueuse, Robert Maltais s’était empressé d’ajouter : « TOUTE l’équipe était talentueuse et on était tous jeunes, c’était un plateau de tournage extraordinaire. Il faut aussi souligner la musique de Pierre F. Brault et le travail de Michel Robidoux. C’est tout ce talent qui a fait de Passe-Partout une réussite. »

Est-ce qu’on est encore capables de rassembler une telle équipe avec les “budgets serrés” de 2017? Est-on encore capables d’apprécier le travail des artistes de chaque niveau? Le numérique va-t-il altérer l’essence? Est-ce qu’on n’aurait pas dû fermer le coffre de Passe-Partout par respect pour l’oeuvre?

 

Seul l’avenir nous le dira.

Mais je conseille à Denis Dubois d’attacher sa plus belle tuque avec de la broche. Le défi est grand.

 

 

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