Le problème des technologies dans les écoles

Dans la dernière présentation d’Apple, trois choses m’ont marquée : l’entente avec Nintendo que j’attendais depuis longtemps, la volonté de prendre soin de la santé des clients et l’importance des technologies dans les écoles. C’est de ceci dont je veux vous parler cette fois-ci.

Ce n’est qu’une question de temps avant que les technologies prennent d’assaut les écoles. Les possibilités sont trop infinies. Le marché est trop grand. L’importance de rattacher les apprentissages à la réalité du milieu de travail est trop réelle. Tôt ou tard, l’éducation sera marquée par une technologie ou par une autre. Reste à voir si la transition sera bien faite et si les choix seront les bons.

Pièce à conviction #1 : le tableau blanc interactif

Je n’aime pas me lancer dans les conversations politiques parce qu’on n’y gagne jamais grand chose. Malheureusement, je n’ai pas le choix d’aborder la politique dans ce cas précis parce qu’un des premiers exemples d’implantation de la technologie dans les écoles, c’est l’infâme tableau blanc interactif. Le symbole de l’ère Charest.

Si je n’aime pas parler de politique, je ne peux quand même pas passer outre le fait que le fournisseur principal de ces tableaux, Smart Technologies, a à sa tête un lobbyiste du cabinet de Jean Charest. Si on ne peut les accuser de collusion, on peut tout de même soupçonner que la décision du gouvernement a été largement facilitée par cette amitié.

Les professeurs ont très mal accueilli cet outil selon les multiples témoignages qui ont été publiés au fil du temps. Par ailleurs, cet investissement de 240 millions de dollars est arrivé à un moment critique où nos écoles avaient cruellement besoin d’investissement en infrastructures et en ressources pédagogiques.

Au final, le tableau a marqué l’imaginaire collectif en démontrant que notre système d’éducation manque de jugement quant aux ressources d’avenir. Quelle catastrophe !

Pièce à conviction #2 : le iPad

Plusieurs écoles secondaires privées ont effectué un virage vers le iPad au cours des dernières années. On justifie ce choix par un passage obligé vers les nouvelles technologies. C’est bien. Par contre, le virage vers les technologies aurait facilement pu se faire sur des supports qui ont une durée de vie beaucoup plus raisonnables.

Le iPad, comme le iPhone, ne sont pas des investissements à long terme. Ce sont des objets à durée de vie dérisoire. Ne vous méprenez pas, j’aime ces produits, mais dans un contexte personnel et professionnel, pas scolaire. Cette mesure ressemble bien plus à un effort pour en mettre plein la vue aux parents bien nantis qu’à un effort pédagogique.

Pièce à conviction #3 : est-ce que j’entends Class Dojo ?

Class Dojo est la nouvelle solution qui vient d’être proposée aux professeurs. À certains endroits, il semble même qu’elle soit imposée. Celle-ci propose de donner des points aux enfants, de les filmer pendant les exposés oraux, de faire des suivis en temps réel, etc.

En gros, si je comprends bien mon ami professeur et auteur de Fuck le monde, c’est un peu une façon de transformer l’école en télé-réalité branchée sur les médias sociaux. Je vous propose d’ailleurs de lire son opinion Fuck Class Dojo (Mais tantôt ! :))

L’objectif semble être de donner plus de place aux parents dans la classe. Malheureusement, un des combats modernes pour les professeurs est justement de convaincre les parents qu’ils sont parfaitement capables de tenir une classe.

“Alors quoi ? On doit vivre dans le passé, Techno Maman ?”

Je n’ai vraiment rien contre la technologie dans les classes. D’ailleurs, je pense que l’Oculus fera des merveilles dans certains cours où la dextérité est clé. Je pense aussi que d’apprendre à utiliser un ordinateur est un must en 2016. En bonne geek, je pense même que les cours de programmation devraient déjà être au programme régulier, d’ailleurs, j’y reviendrai dans un autre article.

Par contre, je pense qu’avant d’imposer des technologies dans les écoles, une consultation avec des professionnels s’impose. Quels professionnels ? J’ai nommé ceux qui vivent au quotidien les défis de l’éducation. Ceux qui ont étudié pendant des années pour tout comprendre : les professeurs.

C’est ça, le problème des technologies dans les écoles. C’est que les mauvaises technologies passent par les mauvaises portes. Vivement que les professeurs soient consultés à grande échelle avant le prochain investissement massif et la prochaine décision exécutive.

D’ailleurs, comment pourrait-on faire pour les consulter ? Apparemment, personne n’y a pensé, mais consulter tous les professeurs du Québec en même temps, ce serait très facile avec les technologies qu’on a. C’est même gratuit. Peut-être qu’on pourrait commencer par là ?

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